Hier, j’ai écouté l’un des épisodes du podcast d’Oprah Winfrey et Eckhart Tolle, sorte de discussion aux allures de masterclass, qui m’a particulièrement marquée.

J’ai notamment été sensible à un passage sur la dialectique entre la résistance et la capacité à passer à l’action, évoquée par Eckhart Tolle, alors qu’il fait écho à une époque sombre de sa vie, dont voici la substance :

L’action peut naître de l’acceptation et non de la résistance. L’observation et l’acceptation des difficultés, des résistances, des épreuves, est le point de départ nécessaire à un changement. À une évolution de comportement. C’est à cette seule condition que l’on peut sortir de la pensée pour redescendre dans les actes.

Cette réflexion m’a accompagnée toute la journée, en toile de fond, et m’a peu à peu transportée. Transportée dans un espace de réflexion et de création dont voici un court souvenir. Comme une intuition de vie, qui a besoin d’être écrite dans l’urgence. Le fruit d’un vécu aussi, d’un parcours, le mien, rythmé par des épreuves, des rencontres, des bénédictions et des leçons.

La vie c’est affronter tout un tas de petites morts. C’est se laisser traverser par la souffrance. Sans chercher à la diminuer, à l’éviter ou la dévier. C’est affronter ses peines, aussi sombres et profondes soient-elles. Car c’est se donner l’opportunité d’aller au bout de soi et de trouver le terrain de la reconstruction. C’est s’autoriser à se réinventer. C’est s’autoriser le dépassement. Le renoncement heureux. L’élan vital. C’est mourir 100 fois pour vivre, une fois, pleinement, et toucher du doigt ce que l’on appelle, peut-être, le bonheur. Cette plénitude, grisante, sereine, puissante qui prend racine dans la grâce et la sincérité.

La vie c’est saisir chaque opportunité de créer du sacré. De dessiner une trajectoire de vie cohérente, à la hauteur de ce que l’on choisit comme étant ce que l’on veut incarner, porter au monde, dans l’espace temps d’une existence. C’est explorer avec la curiosité d’un enfant et la sagesse d’un vieillard, dans ce jeu d’équilibriste dont seuls les plus courageux accepteront les règles. C’est s’engager, sauter dans le vide et apprécier la chute, dans ce qu’elle a de tragique et de fécond. Étape essentielle d’une vie non subie mais belle et bien choisie.

La vie, c’est entendre, regarder et accepter toutes les facettes de son être, aussi long ce chemin puisse être. Car c’est la promesse de la liberté. Celle qui s’affranchit des blessures et des schémas passés et qui permet d’agir, sans les chaînes de nos traumas, dans toute l’étendue des possibles. Celle qui privilégie les potentialités, le devenir, au delà de ce qui est, sous nos yeux et de la dimension expérimentale de la vie. Celle qui habite les vieilles âmes, dont les synthèses se dessinent avec un peu plus de clarté et de sérénité.

La vie, enfin, c’est choisir le fil conducteur de l’amour. L’amour, fils de la bonté et de la volonté. L’amour. Essentiel, souverain, majestueux. L’amour, qui s’impose ou n’est pas.